Je ne sais pas si c’est une spécificité du nord-ouest de la Vendée (vu que je n’ai pas beaucoup roulé ailleurs), mais le passage à gué est une composante non négligeable de toute rando qui se respecte dans le coin.
Et un beau passage à gué, surtout en été, cela fait presque toujours la joie des grands et des petits et surtout, cela donne l’occasion de faire de jolies photos.
Maintenant, un passage à gué, ça se respecte, et ils ne se ressemblent pas tous, loin s’en faut.
Entre le PAG furtif et la traversée du Zambèze un jour de grande crue, la façon d’aborder la chose n’est pas tout à fait la même.
Le PAG furtif, c’est la traversée d’un cours d’eau à peine digne de s’appeler ruisseau. Une chose est sure, ce dernier ne figure même pas sur une carte Top 25 du grand IGN. Si tu arrives à fond de cale, tu as 9 chance sur 10 de repartir à fond de cale. L’unique chance qu’il te reste pour ne pas faire ce que tu avais prévu provient de la profondeur de la rigole cachée par l’eau boueuse . Mais comme tu es un warrior du pilotage, ça fait déjà 5 mètres que ta roue avant ne touche plus le sol et tu le franchis « ze two fingers in ze nose »
Le PAG pas furtif, c’est une autre affaire : certaines choses sont à évaluer avant d’y mettre le commencement du moindre petit bout de pneu => profondeur et nature du sol., force du courant, aptitude de tes roulements à supporter la flotte et une question indispensable à te poser : sais-tu nager en eaux vives ?
Comment faire pour avoir une évaluation digne de ce nom si tu n’as pas sous la main un éclaireur sioux (ou pas d’ailleurs, toute autre tribu indienne faisant l’affaire) ?
Si tu as le temps, si tu peux prendre de la hauteur sans forcement grimper aux arbres, si l’eau est claire : monte sur un talus ou (assez souvent) sur la passerelle parallèle au PAG et observe ! Avec un peu de chance, sur une rando, le ciel t’enverras un éclaireur (pas forcement indien) qui n’aura pas lu cet article et foncera tête dans le guidon.
T’as bien tout vu ? et bien, tu as les cartes en main pour décider.
Si tu sens que c’est bien mou en dessous, l’abstention ne sera pas honteuse. Pas plus que si le PAG est vraiment profond et que tu n’as pas prévu de masque et de tuba. Je pense que l’on peux rouler avec de l’eau recouvrant à peu près les roues.
Attention quand même au PAG caillouteux, celui là peut vraiment t’envoyer faire quelques brasses que tu n’avait pas forcement prévues au départ.
Après, c’est comme tu veux, tu choises ! Vaut mieux la jouer petit en développement et ne pas s’arrêter au milieu (même pour la photo) .
Tout ça, c’est très bien en été, à fortiori pendant une période de canicule.
En hiver, si ton vélo et toi même êtes déjà pourris par la boue, le PAG aura au moins l’avantage d’éclaircir le tableau (et de nettoyer tes freins). Si le temps est sec, ça sera au feeling, mais il faut savoir que le testicule humain congelé ne se conserve que quelques heures au frigo avant dégustation. (c’est la même chose pour la filles, mais pas avec le testicule hein !)

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